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Préparer la rentrée scolaire avec son adolescent

  • Photo du rédacteur: Patrick Pierre
    Patrick Pierre
  • 28 août
  • 9 min de lecture




La rentrée scolaire représente souvent un moment de transition important pour toute la famille. Après plusieurs semaines de vacances, retrouver un rythme régulier, reprendre les cours, retrouver les camarades et les enseignants, se lever tôt et faire face aux exigences scolaires peut demander un véritable temps d’adaptation.

Chez l’adolescent, cette période peut être encore plus particulière. Derrière un simple « ça va » ou une apparente indifférence peuvent parfois se cacher du stress, des inquiétudes, une perte de motivation, des difficultés relationnelles ou une appréhension face à la nouvelle année scolaire.

Alors, comment préparer la rentrée scolaire avec son adolescent sans transformer cette période en source de conflits ? Comment l’aider à retrouver progressivement son rythme, à gérer son stress et à aborder la rentrée avec davantage de sérénité ?

Voici quelques repères pour accompagner votre adolescent au mieux.



Pourquoi la rentrée scolaire peut-elle être stressante pour un adolescent ?


Pour un adulte, la rentrée peut sembler relativement banale. Pour un adolescent, elle peut représenter beaucoup plus qu'un simple retour en classe.

L’adolescence est une période de changements importants. Le jeune cherche progressivement son autonomie, construit son identité, accorde davantage d’importance au regard des autres et peut être particulièrement sensible à la réussite scolaire, aux relations amicales et à son image.

La rentrée peut donc concentrer plusieurs préoccupations :

  • Vais-je retrouver mes amis ?

  • Avec qui vais-je être en classe ?

  • Est-ce que je vais réussir cette année ?

  • Est-ce que mes résultats seront suffisamment bons ?

  • Est-ce que mes parents vont encore me mettre la pression ?

  • Est-ce que je vais m’entendre avec mes professeurs ?

  • Vais-je réussir à suivre le rythme ?

  • Est-ce que je vais être accepté par les autres ?

  • Comment vais-je gérer les devoirs et les examens ?

  • Est-ce que je vais pouvoir continuer à voir mes amis et profiter de mes loisirs ?

Même lorsque l’adolescent ne verbalise pas clairement ses inquiétudes, celles-ci peuvent se manifester autrement : irritabilité, isolement, difficultés d’endormissement, fatigue, opposition, maux de ventre, perte de motivation ou changements inhabituels de comportement.

L’objectif n’est donc pas de supprimer toute inquiétude, mais d’aider l’adolescent à retrouver progressivement des repères et à se sentir suffisamment en confiance pour affronter cette nouvelle étape.



1. Parler de la rentrée sans mettre la pression


La première chose à faire est probablement la plus simple : parler.

Mais parler ne signifie pas multiplier les questions ou organiser un interrogatoire familial.

« Tu vas travailler cette année ? »

« Tu vas avoir de meilleures notes ? »

« Tu as pensé à ton orientation ? »

« Tu vas devoir faire des efforts. »

Même lorsque ces phrases partent d’une bonne intention, elles peuvent être vécues comme une pression supplémentaire.

Il peut être plus utile d’ouvrir simplement la conversation :

« Comment tu te sens à l’idée de reprendre l’école ? »

Puis de laisser votre adolescent répondre à son rythme.

Il peut être enthousiaste, inquiet, indifférent ou même répondre simplement « je sais pas ». Cette réponse ne signifie pas nécessairement qu’il n’a rien à dire. Certains adolescents ont besoin de temps avant de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent.

Le plus important est de lui montrer que la discussion est possible sans jugement.



2. Écouter son adolescent plutôt que chercher immédiatement une solution


Lorsqu’un adolescent exprime une difficulté, le réflexe parental est souvent de chercher immédiatement une solution.

« Ne t’inquiète pas. »

« Tu verras, ça va bien se passer. »

« Tu dois simplement travailler davantage. »

« Tu te prends trop la tête. »

Pourtant, avant de chercher une solution, il peut être utile de reconnaître ce qu’il ressent.

Dire :

« Je comprends que ça puisse t’inquiéter. »

ou

« Je vois que cette rentrée te préoccupe. »

ne signifie pas que l’on confirme que quelque chose de grave va arriver.

Cela signifie simplement que l’émotion de l’adolescent est entendue.

Un jeune qui se sent écouté sera souvent davantage disposé à réfléchir ensuite aux solutions possibles.



3. Reprendre progressivement un rythme de sommeil


Pendant les vacances, les horaires peuvent être beaucoup plus souples : coucher tardif, réveil en fin de matinée, longues soirées devant les écrans ou sorties avec les amis.

Le retour brutal à un réveil matinal peut être difficile.

Il est donc préférable, lorsque cela est possible, de retrouver progressivement des horaires plus proches de ceux de la période scolaire.

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération, l’attention, la concentration et la régulation émotionnelle.

Quelques jours avant la rentrée, vous pouvez donc commencer à avancer progressivement l’heure du coucher et celle du réveil.

L’objectif n’est pas de transformer la maison en internat militaire la veille de la rentrée.

Une transition progressive est généralement beaucoup plus facile à accepter.



4. Revoir les habitudes liées aux écrans


Smartphone, réseaux sociaux, jeux vidéo, vidéos, séries et messageries occupent une place importante dans la vie sociale des adolescents.

Il est donc souvent irréaliste de penser que la rentrée doit commencer par une interdiction totale des écrans.

L’enjeu est plutôt de retrouver un équilibre.

Les écrans peuvent notamment perturber les horaires de sommeil lorsqu’ils occupent une place importante en soirée. Les recommandations officielles françaises proposent notamment d’éviter les écrans avant le coucher et de préserver certains moments de la journée sans écran.

Avec un adolescent, il peut être plus efficace de construire les règles avec lui plutôt que de simplement les imposer.

Par exemple :

  • définir une heure approximative à laquelle le téléphone est posé le soir ;

  • éviter le smartphone pendant les repas ;

  • préserver un temps calme avant le coucher ;

  • différencier les usages scolaires des loisirs ;

  • discuter de l’utilisation des réseaux sociaux ;

  • conserver des moments familiaux sans écran.

L’objectif n’est pas de contrôler chaque minute passée sur un téléphone, mais de permettre à l’adolescent de retrouver un rythme compatible avec sa vie scolaire.



5. Préparer les affaires scolaires ensemble


La préparation matérielle peut sembler secondaire, mais elle peut contribuer à réduire le stress de la rentrée.

Agenda, cahiers, matériel scolaire, ordinateur, tenue éventuelle, sac, abonnement de transport ou trajet jusqu’à l’établissement : mieux vaut éviter de tout faire dans la précipitation la veille au soir.

Mais attention à ne pas tout faire à sa place.

L’adolescent grandit et doit progressivement apprendre à prendre en charge ses propres responsabilités.

Vous pouvez l’aider à organiser les choses sans nécessairement les réaliser pour lui.

Par exemple :

« De quoi as-tu besoin pour ta rentrée ? »

est souvent plus responsabilisant que :

« Donne-moi ta liste, je vais tout acheter. »

La rentrée devient alors une occasion de développer son autonomie.



6. Reprendre progressivement le travail scolaire


Après plusieurs semaines de vacances, il n’est pas forcément utile de transformer les derniers jours d’août en marathon scolaire.

L’adolescent a aussi besoin de récupérer, de profiter de ses vacances et de retrouver progressivement sa motivation.

Quelques petites habitudes peuvent toutefois faciliter la transition :

  • remettre progressivement en place un temps de lecture ;

  • revoir éventuellement quelques notions importantes ;

  • organiser le matériel ;

  • consulter les informations de rentrée ;

  • préparer le planning des premières semaines ;

  • identifier les éventuels travaux à terminer.

Le but est de retrouver une dynamique, pas de recréer immédiatement la pression scolaire.



7. Ne pas transformer les résultats scolaires en mesure de sa valeur


C’est un point particulièrement important.

Un adolescent peut facilement finir par confondre :

« J’ai eu une mauvaise note »

avec :

« Je suis mauvais. »

Ou :

« Je dois absolument réussir »

avec :

« Si j’échoue, je décevrai mes parents. »

Les résultats scolaires ont évidemment leur importance, mais ils ne résument pas la personnalité, l’intelligence ou la valeur d’un jeune.

Il est donc préférable de s’intéresser également à ses efforts, à ses difficultés, à ses progrès et à son organisation.

Une question comme :

« Qu’est-ce qui t’a posé problème ? »

peut être beaucoup plus constructive que :

« Pourquoi tu as eu une mauvaise note ? »



8. Prendre au sérieux la peur de l’échec


Certains adolescents abordent la rentrée avec une forte pression intérieure.

Ils veulent réussir, mais cette volonté peut paradoxalement devenir une source d’anxiété.

Ils peuvent avoir peur de décevoir leurs parents, de ne pas être à la hauteur ou de ne pas atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés.

Cette anxiété peut parfois être difficile à repérer.

Un adolescent anxieux ne dira pas nécessairement :

« Je suis anxieux. »

Il peut plutôt devenir irritable, éviter de parler de l’école, procrastiner, dormir difficilement ou avoir envie de ne pas retourner en classe.

Il est donc important d’observer les changements de comportement plutôt que d’attendre nécessairement une demande explicite d’aide.



9. Être attentif aux relations avec les autres élèves


La rentrée scolaire est aussi une rentrée sociale.

Retrouver ses amis peut être une source de plaisir, mais les relations avec les autres adolescents peuvent également être une source de stress.

Une nouvelle classe, une séparation avec certains amis, des conflits, des moqueries, des difficultés d’intégration ou du harcèlement scolaire peuvent profondément affecter un jeune.

Certaines difficultés ne sont pas immédiatement visibles à la maison.

Si votre adolescent devient soudainement très silencieux, refuse d’aller à l’école, semble particulièrement préoccupé par son téléphone ou ses réseaux sociaux, s’isole davantage ou présente un changement important de comportement, il peut être utile d’essayer de comprendre ce qui se passe derrière cette modification.



10. Respecter son besoin d’autonomie


L’adolescence est une période paradoxale.

Votre enfant a encore besoin de vous, mais il souhaite également être considéré comme suffisamment grand pour décider par lui-même.

C’est parfois ce qui rend les discussions autour de l’école difficiles.

Plus les parents contrôlent, plus l’adolescent peut chercher à s’opposer.

Cela ne signifie pas qu’il faut supprimer les règles.

Cela signifie plutôt que les règles peuvent progressivement être accompagnées d’explications, de négociation et de responsabilités.

L’objectif est de passer progressivement de :

« Je contrôle ce que tu fais »

à :

« Je t’aide à apprendre à gérer toi-même ce que tu fais. »



11. Ne pas attendre que la rentrée soit parfaite


Une rentrée réussie n’est pas nécessairement une rentrée sans stress.

Un adolescent peut être inquiet et malgré tout vivre une bonne rentrée.

Il peut avoir du mal à retrouver son rythme pendant quelques jours.

Il peut être fatigué.

Il peut être irritable.

Il peut avoir besoin de temps pour retrouver ses habitudes.

L’objectif n’est donc pas de supprimer toutes les émotions désagréables.

Il s’agit plutôt d’aider l’adolescent à comprendre qu’il peut traverser ces émotions et trouver progressivement ses propres stratégies pour les gérer.



12. Quels signes doivent alerter les parents ?


Il est normal qu’un adolescent soit plus fatigué ou plus irritable au moment de la rentrée.

En revanche, certains changements méritent une attention particulière lorsqu’ils deviennent importants, persistants ou inhabituels.

On peut notamment être attentif à :

  • une anxiété très importante ;

  • des troubles persistants du sommeil ;

  • un refus répété d’aller à l’école ;

  • un isolement marqué ;

  • une chute brutale des résultats scolaires ;

  • une perte importante de motivation ;

  • des crises de colère inhabituelles ;

  • des symptômes physiques répétés avant d’aller en cours ;

  • une perte d’estime de soi ;

  • des difficultés relationnelles importantes ;

  • un changement très marqué dans l’utilisation des réseaux sociaux ;

  • des comportements à risque.

Un signe isolé ne signifie pas nécessairement qu’une consultation est nécessaire. C’est surtout l’évolution globale de la situation et l’intensité des difficultés qui doivent attirer l’attention.



Quand consulter un psychothérapeute pour un adolescent ?


Les parents peuvent parfois hésiter à consulter.

Ils peuvent se dire :

« C’est juste l’adolescence. »

ou :

« Ça va passer. »

Parfois, effectivement, une période difficile se résout naturellement.

Mais lorsque le mal-être devient important, lorsque les conflits familiaux se multiplient ou lorsque l’adolescent semble ne plus parvenir à faire face seul à certaines difficultés, un accompagnement psychothérapeutique peut offrir un espace différent.

La psychothérapie de l’adolescent peut notamment concerner des difficultés scolaires, le mal-être, l’agressivité, les réseaux sociaux, certaines addictions, les problématiques relationnelles ou encore les difficultés émotionnelles.

L’intérêt d’un espace thérapeutique est notamment de permettre à l’adolescent de pouvoir parler de ce qu’il vit dans un cadre d’écoute et sans jugement.

Il n’est pas nécessaire d’attendre une situation de crise majeure pour demander conseil.



Préparer la rentrée scolaire avec son adolescent : l’essentiel à retenir


Préparer la rentrée ne consiste pas uniquement à acheter les fournitures scolaires et à régler le réveil.

C’est aussi préparer progressivement le retour à un rythme différent, retrouver des habitudes de sommeil, réorganiser les écrans, anticiper les éventuelles inquiétudes et surtout maintenir un dialogue avec son adolescent.

Quelques principes peuvent faire la différence :


Écouter avant de conseiller.

Accompagner plutôt que contrôler.

Encourager l’autonomie plutôt que tout faire à sa place.

Prendre les émotions au sérieux sans dramatiser.

Valoriser les efforts plutôt que seulement les résultats.

Rester attentif aux changements de comportement.


Et surtout, rappeler à votre adolescent qu’une nouvelle année scolaire ne définit pas sa valeur personnelle.

La rentrée est un nouveau départ. Elle peut être l’occasion de reprendre des habitudes, de faire de nouvelles expériences, de retrouver des amis, de progresser et aussi d’apprendre de ses difficultés.

Psychothérapie de l’adolescent à Bruxelles

Lorsque les difficultés scolaires, relationnelles ou émotionnelles deviennent trop importantes, parler avec un professionnel peut permettre de prendre du recul et de mieux comprendre ce que traverse l’adolescent.


Patrick Pierre, psychothérapeute à Bruxelles, accompagne les adultes et les adolescents dans le cadre de consultations individuelles. Son cabinet reçoit notamment à Forest et à Woluwe-Saint-Lambert.


Une première consultation permet notamment d’échanger sur la situation rencontrée et de déterminer l’accompagnement le plus adapté.

Patrick Pierre – Psychothérapeute à Bruxelles Avenue Van Volxem 8, 1190 Forest Consultations également à Woluwe-Saint-Lambert 04 70 56 64 62


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